Sans surprise, il m'est plus facile aujourd'hui de circuler (librement) dans l'Hôtel de ville comparativement au mois passé. Au cours du week-end, j'ai saisi une occasion en or de visiter l'illustre bâtiment qui a traversé notre histoire collective sans trop d'altérations.
Après les catacombes, le musée des vélos abandonnés et l'exposition permanente des cages à mouffettes, j'ai pris la direction bureau du maire non sans humer l'ancienne caserne des pompiers. Suis-je le seul à croire que cet endroit sent toujours la fumée? N'empêche que chemin faisant j'ai ouvert la garde-robe à boyaux et du coup, j'ai été replongé dans mes souvenirs lointains. De bien belles images...dans ma tête.
Je me souviens que ti-cul, mon activité préférée consistait à pédaler comme un fou pour arriver au feu avant les pompiers. Jeu auquel, évidemment, je ne gagnais pas souvent! Pour les non de souche et/ou les plus jeunes, il existait ici un système extraordinaire conçu spécialement pour les enfants en recherche d'activités sportives et récréatives originales comme la poursuite des trucks à feu.
Une simple flute, installée sur le toit de la caserne, nous informait d'un incendie...en temps réel. Internet et les pagettes de tous styles peuvent bien se rhabiller. Je ne suis pas assez vieux pour avoir pu et su décoder l'espèce de code morse qui attribuait à chaque rue son signal sonore mais, je me souviens très bien des petites boites rouges vissées après les poteaux de téléphone qui permettaient le déclenchement d'alarmes.
Malheureusement, rien n'arrête le progrès. Un jour, la flute enchantée a été remplacée par des cloches individuelles installées dans chaque maison de chaque pompier. À l'oeil, on pouvait facilement trouver leur demeure car, la moitié de l'installation était extérieure dans le poteau mais, ce n'était plus comme avant.
Remarquez que je n'ai pas perdu au change. J'avais un avantage indéniable sur mes compétiteurs. J'habitais à côté de la moitié des membres de la brigade. A part Léona et encore, j'en suis pas certain à 100%, je crois que tous les membres de la famille Charette ont été pompier à une époque ou une autre! Être le seul à entendre cette cloche nouveau genre avait une grande valeur à mes yeux...pardon, à mes oreilles. Imaginer Fernand descendre - Les déboulait-il? - les marches du 2e en 4e vitesse était un spectacle en soi et valait le réveil brutal.
Ah! Oui! Je vous parlais de ma visite à l'Hôtel de ville...
Vous savez que les dirigeants de l'époque avaient vraiment pensé à tout! Si j'arrivais en retard, je n'avais qu'à entrer dans la caserne avec mon vieux CCM banane car, les portes restaient ouvertes après le départ des camions. Sur le tableau, qui était aussi beau à voir qu'une oeuvre de Picasso, un homme bon que je n'ai jamais réussi à identifier m'écrivait l'adresse du feu. Et, je n'avais qu'à pédaler plus fort. La vie était généreuse comme ça.
A-t'on changé quelque chose car, en passant, je n'ai pas remarqué les anciennes prisons? Ou ai-je été pris d'un malaise en me sentant trop près du bureau du DG? Peu importe, j'ai quand même profité de chaque seconde qui m'étaient accordées pour gravir les marches menant au bureau du maire. La dernière fois que j'y avais mis les pieds, Guy Lafrenière occupait cet espace! C'est beau! Vous irez voir.
Mais, je voulais surtout vous parler de l'ex-salle du conseil. L'une des erreurs magistrales et impardonnables de Bill Tierney (peut-être même de l'administration Tierney/Houde) aura été la transformation de cette pièce historique et patrimoniale qui était si chère aux citoyens de Ste-Anne-de-Bellevue en salle de bureau. Ça se passait un peu avant l'élection de 2005 et la reconstitution de la ville alors que l'ex-maire règnait seul aux commandes.
La salle n'a pas été endommagée comme telle mais, on l'a dépouillée, on l'a dénaturée avant de la regarnir de fonctionnaires, de lampes Ikea et de modules à bureaux. Elle est récupérable. Elle est magnifique et, elle appartient aux citoyens de Ste-Anne-de-Bellevue. Elle devrait nous être retournée dans son état et dans sa fonction originale.
À quelques pieds de là se trouve les anciens appartements des pompiers encore et toujours vides. Abandonnés. C'est là qu'on aurait dû faire les bureaux. Si on avait besoin de bureaux.
Et puis pour l'accessibilité pour nos vieux amis, on pourrait installer un petit élévateur dans l'escalier menant à la salle du conseil. Les bonnes soeurs avaient ça dans le Vieux-couvent. Dans le temps, c'était aussi l'une de mes activités favorites!!!













